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Aïd Al-Adha : L’offre est là, la qualité rare et chère
7,1 millions de têtes, c’est le disponible entre ovins et caprins, selon le ministère de l’Agriculture pour une demande de 4,9 millions. Mais l’Association nationale des éleveurs d’ovins et caprins fait état d’une offre bien en deçà des estimations de la tutelle. « Tout au plus 6 millions de têtes seraient offertes à l’abattage pour le sacrifice », estime le président des éleveurs Ben M’Barek Fenniri.
Certes, l’offre reste excédentaire dans les deux cas de figure mais ce n’est pas le seul paramètre qui détermine les prix. Là-dessus tout le monde s’accorde pour avancer des critères comme la qualité, la race, l’âge de l’animal mais aussi le lieu de la vente ainsi que la durée qui nous sépare du jour de l’Aïd. Pour le moment, une chose est sûre : l’essentiel du cheptel proposé à la vente est issu de la grande période d’agnelage de 2006. Autrement dit, les plus jeunes moutons ont plus de 12 mois d’âge. Avec un profil qualitatif moyen à faible.
Et pour cause ! La baisse des disponibilités fourragères, la cherté des aliments de bétail et surtout le retard des pluies automnales. En effet, la sécheresse de l’année passée a fortement impacté la récolte céréalière, réduisant par la même occasion l’apport des parcours et des cultures fourragères. Du coup, le recours accru aux aliments concentrés a été la règle. Mais, faut-il encore le préciser, par les ateliers d’engraissement. Ce qui n’est pas le cas des autres systèmes de production comme le pastoral et l’agro-pastoral qui s’appuient sur les parcours et l’exploitation agricole.
Or, la préparation du mouton destiné au sacrifice est devenue depuis quelques années une spécialité de ces ateliers situés dans les principales zones d’élevage et dans les environs des grandes villes. A ce niveau, le surcoût résultant de l’alimentation est évalué entre 3 et 4 DH/ le kg vif et 150 à 250 DH par agneau, en comparaison avec l’année passée. Mais on signale auprès du service de l’élevage du ministère de l’Agriculture que ces ateliers ont accusé une baisse significative de leur taux de remplissage. C’est que l’activité mobilise d’importants moyens financiers pendant une période plus ou moins longue selon l’état des animaux à engraisser. Elle est de courte durée, 2 mois environ en cas de bonne campagne agricole, mais peut atteindre 6 mois si la disette s’installe.
Et c’est le cas cette année. Donc, tout porte à croire que l’essentiel de l’offre proviendrait des éleveurs naisseurs engraisseurs du plateau central, du Moyen-Atlas et de l’Oriental. Surtout que les subventions accordées à l’orge et autres aliments du bétail devraient en principe profiter à cette catégorie ainsi qu’aux éleveurs naisseurs qui cèdent leurs agneaux après sevrage. Sans oublier bien sûr l’armada des intermédiaires qui opère souvent quelques jours avant l’Aïd. Mais comment se présente l’offre ?
Les disponibilités sont calculées à partir des résultats de l’enquête menée annuellement par le département de tutelle. Pour cette année, les données issues de l’enquête de mars-avril 2006 indiquent que l’effectif des femelles reproductrices s’élève à 10, 9 millions de têtes et le taux d’agnelage moyen enregistré dans les principales régions est de 95% alors que le taux de mortalité est évalué à 7%. Sur ces bases, les disponibilités en ovins mâles sont estimées à 4,6 millions de têtes.
Auxquelles s’ajoutent 2,5 millions de femelles. Et ces chiffres n’englobent pas l’abattage annuel pour les besoins d’approvisionnement normal du marché qui portent sur 2,9 millions de têtes. Une autre enquête réalisée sur la période 1998-2007, révèle que les abattages de l’Aïd se sont stabilisés à hauteur de 4,9 millions de têtes ces deux dernières années après avoir progressé de 0,6% par an entre 1998 et 2005. Autres temps, autres mœurs ! L’abstention gagne aussi le rite.
Qu’en sera-t-il des prix ? C’est la grande inconnue. Pour le moment, les prix pratiqués à la ferme se situent aux alentours de 38 à 40 DH/Kg sur pieds pour la race Timahdite et 42 à 45 pour la race Sardi. Seulement, ces prix ne reflètent pas encore l’effet attendu de la concurrence. Et certains opérateurs n’écartent pas une dégringolade avec la mise sur le marché des animaux de qualité moyenne à faible, voire des jeunes femelles. A l’appui, ils avancent la situation de trésorerie des agriculteurs qui se trouve à sec et les incertitudes qui pèsent encore sur les perspectives offertes à la nouvelle campagne agricole. La situation n’encourage pas la rétention du cheptel.
Quoi qu’il en soit, le rite de Aïd Al-Adha génère aussi une multitude d’activités économiques aussi bien dans les villes que dans les campagnes. Et les seules transactions sur les animaux dégagent un chiffre d’affaires estimé à 7 milliards de DH. Mais combien auront réellement profité à la campagne ?
A. G.
Source : L’Economiste
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