Social
Agadir : L’agonie d’un centre social
· Il ne tiendra que quatre mois faute d’argent · Cherche dotation annuelle fixe
La crèche de l’hôpital Hassan II continue de manquer terriblement de moyens. L’établissement ne dispose plus dans sa caisse que d’un montant pour couvrir quatre mois de fonctionnement. Pour lancer un appel aux bienfaiteurs, le week-end dernier, les membres du Lions Club Tilila d’Agadir et de l’Association Tazzanine, mobilisés depuis des années en faveur de la crèche ont organisé deux journées portes ouvertes.
Cette opération, si elle peut générer des dons en nature (lait, couches...), n’apporte qu’une solution ponctuelle aux problèmes de l’établissement dont les dépenses de fonctionnement s’élèvent à près de 50.000 DH par mois. Le rêve des bienfaitrices de la crèche est de décrocher une aide institutionnelle fixe et que tous les protégés soient parrainés. « Pour tout intéressé, parrainer un enfant ne coûte que 100 DH par mois », expliquent les représentantes du Lions Club Tilila et l’Association Tazzanine, qui ne ménagent pas leurs efforts chaque jour pour offrir aux enfants de bonnes conditions de vie. Grâce à leur implication et à des soutiens institutionnels et privés, le cadre de vie des enfants et des locaux qui les accueillent a connu une importante évolution ces deux dernières années. Mais la situation reste tout de même précaire sans une dotation institutionnelle fixe annuelle. Car si des aides de généreux mécènes sont offertes, les donateurs s’essoufflent et cela ne garantit pas l’avenir des enfants. Agés de quelques semaines à 17 ans, ceux-ci sont au nombre de 70 aujourd’hui dans l’établissement où s’affairent 24 monitrices. Ces dernières ont fort à faire le jour comme la nuit, surtout que chaque semaine, le nombre des pensionnaires grossit. Parmi les derniers arrivants il y a dix jours, un petit blondinet au teint pâle et aux traits fins, dont l’âge peut être estimé à deux ans. C’est un cas vraiment intrigant. Il a été retrouvé, selon les représentantes des ONG, au quartier Founty (zone connue également sous le nom de Sonaba en raison de l’entité qui la commercialise). Se serait-il égaré en sortant de chez lui ? Quelqu’un l’aurait-il abandonné dans le quartier après l’avoir kidnappé ? Vient-il d’une autre ville ou d’ailleurs ? Difficile de savoir ce qui a pu bien lui arriver. L’enfant ne parle pas encore. De plus, personne ne s’est manifesté jusqu’à présent à son sujet. A la crèche, toutes et tous espèrent que son mystère sera bientôt élucidé et qu’il retrouvera ses parents biologiques.
Malika ALAMI
Source : L’Economiste
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