Economie
Agadir/Industrie du poisson congelé
7 unités sur 40 en activité
· Les industriels demandent des mesures d’urgence · Des milliers d’emplois perdus
Les membres de l’Association professionnelle des industriels et exportateurs de poissons élaborés (Apep) sont déçus. Le plan de restructuration et d’aménagement de la pêcherie pélagique est pratiquement bouclé et il semble que rien n’a été prévu pour eux. C’est du moins ce qu’avancent les représentants de l’entité implantée à Agadir.
Ce qu’ils réclament en fait, c’est de bénéficier des mêmes avantages que les industriels de Dakhla et Laâyoune qui, notamment, ont bénéficié de licences de pêche. “Pourquoi deux poids deux mesures quand il s’agit de la répartition des ressources. Ce n’est pas équitable”, déplorent-ils. Les opérateurs se sentent d’autant plus laissés-pour-compte et “marginalisés”, qu’aucun de leurs appels à travers des courriers au ministère de tutelle, n’a reçu de réponse ni suscité de réaction, regrettent-ils. “C’est le silence radio’’, lance l’un d’eux. Pourtant, la situation est très grave, avancent les membres de l’Apep. Leur industrie traverse actuellement une crise sans précédent (voir aussi page 11). En effet, en deux ans, les tonnages réellement traités par les unités n’ont cessé de diminuer en raison d’un problème d’approvisionnement. Ce qui a suscité la fermeture d’un grand nombre d’unités industrielles et la perte de milliers d’emplois. La branche n’emploie, d’après les représentants de la profession, plus que 500 personnes contre 5.000 en 2000. En cinq ans, le nombre des entreprises de la filière en activité est passé de quarante à sept. Pour les opérateurs, ceci est d’autant plus préoccupant que l’investissement global réalisé était de 600 millions de DH, générant un chiffre d’affaires de 651 millions de DH en 2001. “Aujourd’hui, nous n’atteignons même pas la moitié des chiffres réalisés il y a 4 ou 5 ans”, précise un représentant de l’Apep. Ce que préconisent actuellement les industriels pour sauver le secteur, c’est une intégration des unités d’Agadir dans le plan d’aménagement de la pêcherie pélagique. Ceci dans le dessein de diversifier les approvisionnements et d’assurer une intégration amont/aval de manière à augmenter le taux de valorisation des ressources. 70% des captures continuent à se vendre à l’état brut sans aucune valorisation additionnelle », soulignent les industriels. Qu’en pensent les représentants du département de la pêche et que préparent-ils pour sauver la filière ? Difficile de le savoir. Contactée par L’Economiste à plusieurs reprises, la direction des Industries de la pêche est restée injoignable.
Agonie
Membre de la Fipromer, l’Association professionnelle des industriels et exportateurs de poissons élaborés (Apep) a été créée en 2000. Elle regroupe dans le Souss-Massa-Drâa 40 unités industrielles de transformation et de congélation de poisson. Dotées d’une capacité globale de production de 1.000 tonnes/jour, ces entreprises ont une capacité de stockage de 25.000 tonnes. Durant ces quatre dernières années, la filière a réalisé sa mise à niveau tant sur le plan des installations frigorifiques que la mise en place de systèmes sanitaires avec comme résultat l’application des recommandations européennes pour 90% des unités. Cependant, en raison de la crise, plus de 80% des entreprises ont arrêté leur activité. Les chiffres d’affaires ont chuté de la même manière et les capacités de stockage ne sont utilisées qu’à hauteur de 15%. Pourtant, la demande des clients européens ne manque pas.
De Malika ALAMI
Source : L’economiste
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